Chaque exemple ci-dessous comporte trois parties : le texte original, une glose littérale qui décrit le rôle de chaque mot, et une traduction naturelle. Les gloses utilisent quelques étiquettes abrégées pour rester courtes. Pas besoin de les mémoriser : ce guide est une référence à laquelle vous pouvez revenir.
Personne et nombre · 1sg / 2sg / 3sg première / deuxième / troisième personne du singulier (je, tu, il/elle) · 1pl / 2pl / 3pl première / deuxième / troisième personne du pluriel (nous, vous, ils/elles)
Genre et cas · m / f / n masculin / féminin / neutre · sg / pl singulier / pluriel · m.sg combiné : masculin singulier (de même f.pl, n.sg, etc.) · NOM / ACC / GEN / DAT / INS / LOC cas grammaticaux (nominatif/accusatif/génitif/datif/instrumental/locatif) le rôle joué par le mot dans la phrase
Temps et aspect · PRES présent · PRET prétérit (un événement passé terminé) · IMPF imparfait (une situation passée continue ou habituelle) · FUT futur · PERF parfait (action achevée mais pertinente au présent) · PROG progressif (action en cours, ex. je suis en train de manger) · COND conditionnel (je voudrais…)
Mode · IND indicatif (énoncé courant) · SUBJ subjonctif (incertitude, souhaits, doutes) · IMP impératif (ordres) · INF infinitif (forme du dictionnaire : aller, manger)
Autres · REFL réfléchi (action portant sur soi-même : me, te) · PERS a personnel (espagnol uniquement marque un complément d'objet direct humain) · HON honorifique (forme particulièrement polie, fréquente en japonais et en coréen) · TOP / SUB / OBJ marqueurs de thème / sujet / objet (japonais, coréen) · CL classificateur (chinois, japonais, coréen un mot compteur pour les noms) · NEG négation
L'alphabet arabe compte 28 lettres, qui représentent toutes des consonnes. Les voyelles brèves ne sont pas des lettres mais de petits signes écrits au-dessus ou en dessous des consonnes: appelés harakat (fatha pour a, kasra pour i, damma pour u): et dans les textes ordinaires elles sont en général omises ; le lecteur les reconstitue à partir du contexte. Les voyelles longues s'écrivent à l'aide des consonnes ا و ي. L'écriture est cursive : la plupart des lettres se relient à leurs voisines, et chaque lettre possède jusqu'à quatre variantes de forme: isolée, initiale, médiane et finale: selon sa position dans le mot. L'arabe se lit et s'écrit de droite à gauche. La moitié des 28 lettres sont des « lettres solaires » qui s'assimilent au لـ de l'article défini ال, tandis que les autres sont des « lettres lunaires » qui ne s'assimilent pas.
L'arabe s'écrit de droite à gauche dans une écriture cursive où la plupart des lettres se relient à leurs voisines. C'est un abjad : les 28 lettres représentent les consonnes et les voyelles longues (ا و ي). Les voyelles brèves (fatha a, kasra i, damma u) sont des diacritiques appelés tashkīl (تَشكيل) et sont normalement omises dans les textes courants: le lecteur les reconstitue à partir du contexte et des schèmes des mots. Les manuels pour débutants, le Coran et les dictionnaires vocalisent intégralement les mots. La forme des lettres change selon leur position (initiale, médiane, finale, isolée). Les chiffres s'écrivent de gauche à droite, même à l'intérieur d'une ligne allant de droite à gauche. Il n'existe pas de distinction entre majuscules et minuscules.
L'arabe classique et journalistique (MSA) privilégie l'ordre Verbe-Sujet-Objet (VSO) : le verbe ouvre la phrase, suivi de son sujet, puis des objets et des compléments. L'ordre Sujet-Verbe-Objet (SVO) est tout aussi grammatical et fréquent dans la prose moderne, surtout lorsque le sujet est thématisé ou mis en relief. Particularité du VSO : lorsque le verbe précède un sujet pluriel, le verbe reste au singulier et ne s'accorde qu'en genre ; dans l'ordre SVO, le verbe s'accorde aussi en nombre. Adjectifs, possesseurs et propositions relatives suivent le nom qu'ils modifient. Les compléments de temps et de lieu sont flexibles.
La détermination se marque en préfixant ال (al-) au nom (ainsi qu'à tout adjectif qui s'y accorde). Il n'existe pas d'article indéfini distinct: un nom sans article est indéfini. Devant la moitié de l'alphabet: les « lettres solaires » (ت ث د ذ ر ز س ش ص ض ط ظ ل ن): le لـ de ال s'assimile à la consonne suivante, qui est alors redoublée (shadda). Le ال reste écrit, mais se prononce comme une consonne initiale géminée. Devant les « lettres lunaires » (les autres), le ل se prononce clairement. L'alif initial de ال est lui aussi élidé à l'oral lorsque le mot précédent se termine par une voyelle.
Les noms et adjectifs arabes sont soit masculins, soit féminins ; il n'y a pas de neutre. Le genre par défaut est le masculin. Un nom est presque toujours féminin s'il se termine par tā' marbūta ة (un -a final qui devient -at- lorsqu'un suffixe le suit), et il est féminin s'il désigne un être de sexe féminin, une partie du corps paire (يَد main, عَيْن œil), ou s'il figure sur une courte liste fermée de villes et de pays féminins (مِصْر l'Égypte). Verbes, adjectifs et pronoms s'accordent tous avec le genre du nom. Former le féminin d'un adjectif ou d'un participe à partir du masculin se fait normalement en ajoutant simplement ة.
Presque tout mot arabe est construit à partir d'une racine consonantique: le plus souvent trois consonnes: qui porte un sens abstrait. Cette racine est coulée dans des moules (« schèmes », أَوْزان) faits de voyelles et d'affixes pour dériver noms, verbes et adjectifs concrets. La racine ك-ت-ب « écriture » donne kataba (il a écrit), yaktubu (il écrit), kātib (écrivain), kitāb (livre), maktab (bureau), maktaba (bibliothèque), maktūb (écrit). Savoir reconnaître la racine à l'intérieur d'un mot inconnu permet d'en deviner le sens. Les dictionnaires sont organisés par racines et non par ordre alphabétique des formes de surface : pour trouver مَكْتَبة, il faut chercher sous ك-ت-ب.
L'arabe possède des pronoms indépendants (sujets) et des pronoms suffixes qui marquent la possession sur les noms et le complément sur les verbes et les prépositions. La série indépendante distingue le genre à partir de la 2e personne et présente une forme duelle (deux personnes) en plus du singulier et du pluriel. Les pronoms sujets sont en général omis, le verbe indiquant déjà la personne, le genre et le nombre. La série suffixe s'accroche directement à un nom (بَيْت → بَيْتي « ma maison », بَيْتُك « ta maison »), à un verbe (رَأَيْتُك « je t'ai vu ») ou à une préposition (مَعي « avec moi »).
L'arabe classique possède trois cas, marqués par des terminaisons en voyelles brèves (iʿrāb) : le nominatif -u (sujet et attribut d'une phrase nominale), l'accusatif -a (complément d'objet direct, compléments adverbiaux) et le génitif -i (après les prépositions et comme second terme d'une construction d'annexion nom + nom, idāfa). Les noms indéfinis ajoutent la nunation : -un, -an, -in (écrites ـٌ ـً ـٍ). Ces terminaisons étant des voyelles brèves, elles ne sont d'ordinaire ni écrites dans les textes modernes non vocalisés, ni prononcées dans les journaux et la conversation ; seul l'accusatif indéfini -an est régulièrement écrit et prononcé (avec un alif final : ـًا). L'apprenant doit savoir les reconnaître plutôt que les reproduire parfaitement.
Les verbes arabes se conjuguent à deux « temps » fondamentaux (qu'il vaut mieux appeler aspects) : le parfait (الماضي), qui décrit une action achevée: traduit habituellement par le passé français: et l'imparfait (المُضارِع), qui décrit une action en cours ou habituelle: traduit habituellement par le présent ou le futur. Le parfait n'utilise que des suffixes. L'imparfait utilise des préfixes auxquels s'ajoutent des suffixes. Toute forme encode la personne (1re/2e/3e), le nombre (singulier/duel/pluriel) et le genre (à partir de la 2e personne). L'imparfait a trois modes: indicatif (-u), subjonctif (-a) et apocopé/jussif (sans désinence): sélectionnés par des particules qui précèdent le verbe. La forme de citation d'un verbe est le parfait masculin singulier de la 3e personne : kataba « il a écrit ».
Le parfait se forme à partir d'un radical fixe (la forme de citation kataba est la 3e pers. masc. sg.) en ajoutant les suffixes personnels : -tu (je), -ta (tu m.), -ti (tu f.),: (il, c'est le radical nu), -at (elle), -nā (nous), -tum (vous pl. m.), -tunna (vous pl. f.), -ū (ils m.), -na (elles f.). La voyelle qui suit la deuxième consonne radicale dans le radical varie selon le verbe (kataba « a écrit », sharība « a bu », kabura « a grandi ») ; il faut la mémoriser pour chaque verbe. La négation du passé se fait par ما + parfait, ou لَمْ + imparfait apocopé (voir la négation).
L'imparfait attache À LA FOIS un préfixe et un suffixe à un radical (pour la racine k-t-b, le radical est -ktub-). Préfixes : ʾa- (je), ta- (tu m. sg. / elle), ta- + -īna (tu f. sg.), ya- (il), ya- + -ūna (ils m.), na- (nous), ta- + -ūna (vous pl. m.). Le mode par défaut est l'indicatif, qui se termine en -u pour les formes du singulier et en -na pour les pluriels -ūna/-īna ; ces -u/-na tombent au subjonctif et à l'apocopé. La même conjugaison exprime le présent simple, le présent habituel et le présent continu: l'arabe ne les distingue pas grammaticalement.
Il n'existe pas de conjugaison spécifique au futur. Le futur se forme en plaçant l'une des deux particules suivantes devant l'imparfait indicatif : le préfixe سَـ (sa-) pour le futur proche (« vais, va »), écrit collé au verbe, ou le mot indépendant سَوْفَ (sawfa) pour un futur un peu plus lointain ou emphatique. Les deux sont interchangeables dans la plupart des contextes ; سَوْفَ a une nuance plus formelle. La négation du futur utilise لَنْ (lan) + imparfait subjonctif: « ne jamais / ne pas ».
La négation dépend de ce qui est nié. لا (lā) nie le présent indicatif (« ne… pas »). ما (mā) nie le passé (« n'a pas… »). لَمْ (lam) nie aussi le passé mais demande après lui un imparfait apocopé: لَمْ + apocopé est la négation du passé la plus standard en MSA. لَنْ (lan) nie le futur et demande un subjonctif. لَيْسَ (laysa) est le verbe spécial utilisé pour nier une phrase nominale au présent: il se conjugue comme un verbe au parfait mais signifie « n'est pas ».
Les questions oui/non se forment en ajoutant la particule هَلْ (hal) au début d'une phrase affirmative par ailleurs inchangée ; en arabe littéraire, la particule alternative أ (a-) se préfixe au premier mot. Aucun changement d'ordre des mots n'est nécessaire, et la seule intonation (sans particule) est également possible, surtout à l'oral. Les questions partielles utilisent un mot interrogatif en tête : ما (mā) que/quoi (pour les choses), مَنْ (man) qui, أَيْنَ (ayna) où, مَتى (matā) quand, كَيْفَ (kayfa) comment, لِماذا (limādhā) pourquoi, كَمْ (kam) combien. Devant un verbe, ما devient ماذا (mādhā).
L'arabe possède un duel (pour exactement deux) et deux types de pluriel. Le pluriel « sain » est régulier : les noms masculins humains ajoutent ـونَ (-ūna) au nominatif et ـينَ (-īna) ailleurs ; les noms féminins remplacent ة par ـات (-āt). Le pluriel « brisé » est interne : les consonnes de la racine sont recoulées dans un nouveau schème vocalique, souvent imprévisible, qu'il faut mémoriser avec le singulier (kitāb → kutub, walad → awlād, rajul → rijāl). La plupart des noms non humains courants et de nombreux noms masculins humains prennent un pluriel brisé. Point crucial : les pluriels de choses non humaines exigent un accord au féminin singulier.
Les adjectifs épithètes suivent le nom qu'ils décrivent et s'accordent avec lui en trois points : genre, nombre et détermination. Si le nom porte ال, l'adjectif porte aussi ال. Nom indéfini → adjectif indéfini. Un adjectif attribut dans une phrase nominale s'accorde en genre et en nombre, mais reste INdéfini: c'est ce contraste de détermination qui fait que la phrase signifie « X est Y » et non « le Y X ». Particularité essentielle : les pluriels de choses non humaines (objets, animaux, idées) prennent l'accord au FÉMININ SINGULIER, quel que soit le genre du singulier.
Au présent, l'arabe n'a pas de verbe « être » exprimé. Une phrase nominale juxtapose simplement un sujet défini et un attribut indéfini, la copule étant sous-entendue : al-baytu kabīr-un « la-maison grande » = « la maison est grande ». Au passé, on emploie le verbe كانَ (kāna « il a été »), qui se conjugue comme tout autre verbe au parfait ; son complément (le nom ou l'adjectif attribut) passe au cas accusatif. Le même verbe كان sert également dans des constructions composées : كانَ يَكْتُبُ « il était en train d'écrire » (habituel/continu passé = kāna + imparfait). Le futur de « être » est سَيَكونُ.
Chaque lettre arabe possède jusqu'à quatre formes selon sa position dans le mot. Six lettres (ا د ذ ر ز و) sont « non-connectantes » : elles se lient à la lettre à leur droite mais jamais à celle à leur gauche, ce qui crée visuellement des ruptures dans un mot. Toutes les autres lettres se connectent des deux côtés. Le tableau ci-dessous liste les 28 lettres dans l'ordre alphabétique traditionnel, avec les quatre formes positionnelles, une translittération latine et un mot-clé français pour ancrer le son. Notez que ح ع غ ق sont des sons sans équivalent proche en français, et que ث ذ correspondent aux « th » anglais sourd et sonore.
| Nom | Isolée | Initiale | Médiane | Finale | Translit | Son approximatif |
|---|---|---|---|---|---|---|
| alif | ا | ا | ـا | ـا | ā / a | « a » long (aussi support de voyelle) |
| bāʾ | ب | بـ | ـبـ | ـب | b | « b » comme dans bal |
| tāʾ | ت | تـ | ـتـ | ـت | t | « t » comme dans table |
| thāʾ | ث | ثـ | ـثـ | ـث | th | « th » anglais sourd comme dans think |
| jīm | ج | جـ | ـجـ | ـج | j | « dj » comme dans djinn (en Égypte : g dur) |
| ḥāʾ | ح | حـ | ـحـ | ـح | ḥ | « h » pharyngal soufflé |
| khāʾ | خ | خـ | ـخـ | ـخ | kh | « ch » allemand comme dans Bach |
| dāl | د | د | ـد | ـد | d | « d » comme dans don (non-connectante) |
| dhāl | ذ | ذ | ـذ | ـذ | dh | « th » anglais sonore comme dans this (non-connectante) |
| rāʾ | ر | ر | ـر | ـر | r | « r » roulé (non-connectante) |
| zāy | ز | ز | ـز | ـز | z | « z » comme dans zéro (non-connectante) |
| sīn | س | سـ | ـسـ | ـس | s | « s » comme dans soleil |
| shīn | ش | شـ | ـشـ | ـش | sh | « ch » comme dans chat |
| ṣād | ص | صـ | ـصـ | ـص | ṣ | « s » emphatique |
| ḍād | ض | ضـ | ـضـ | ـض | ḍ | « d » emphatique |
| ṭāʾ | ط | طـ | ـطـ | ـط | ṭ | « t » emphatique |
| ẓāʾ | ظ | ظـ | ـظـ | ـظ | ẓ | « th »/« z » emphatique |
| ʿayn | ع | عـ | ـعـ | ـع | ʿ | pharyngale voisée (sans équivalent français) |
| ghayn | غ | غـ | ـغـ | ـغ | gh | « r » uvulaire comme en français grasseyé |
| fāʾ | ف | فـ | ـفـ | ـف | f | « f » comme dans feu |
| qāf | ق | قـ | ـقـ | ـق | q | « k » du fond de la gorge |
| kāf | ك | كـ | ـكـ | ـك | k | « k » comme dans képi |
| lām | ل | لـ | ـلـ | ـل | l | « l » comme dans lac |
| mīm | م | مـ | ـمـ | ـم | m | « m » comme dans mer |
| nūn | ن | نـ | ـنـ | ـن | n | « n » comme dans nuit |
| hāʾ | ه | هـ | ـهـ | ـه | h | « h » léger comme en anglais |
| wāw | و | و | ـو | ـو | w / ū | « ou » ou « w » (non-connectante) |
| yāʾ | ي | يـ | ـيـ | ـي | y / ī | « y » ou « i » long |
Quelques particularités orthographiques rencontrées d'emblée : la hamza (ء) est l'occlusive glottale, portée par un « siège » (أ إ ؤ ئ) ou isolée ; la tāʾ marbūṭa (ة) est le « t » du féminin, silencieux en pause mais prononcé « t » devant un suffixe ; l'alif maqṣūra (ى) est un « y » final qui se prononce comme un « a » long. L'arabe s'écrit de droite à gauche, ne possède pas de majuscules, et l'article défini ال se colle directement au nom (avec assimilation devant les 14 lettres solaires ; voir la section article défini).
La Forme I est le schème verbal de base, non augmenté : faʿala / yafʿulu. L'imparfait (présent) associe un préfixe marquant la personne et un suffixe marquant le nombre/genre à un radical formé des trois consonnes radicales plus une voyelle de radical. La voyelle de radical de l'imparfait (ici « u » pour k-t-b : -ktub-) varie selon le verbe et doit être apprise avec l'entrée du dictionnaire ; les schèmes courants sont yaktubu (voyelle u), yajlisu (voyelle i), yashrabu (voyelle a). Les désinences de l'indicatif -u (singulier, 1pl, 3sg) et -na/-ni (duel, pluriel à suffixe long) apparaissent sur le verbe lorsqu'aucune particule ne requiert un autre mode. Le tableau présente yaktubu « il écrit » en paradigme complet.
| Personne | Pronom | Imparfait | Translitt. |
|---|---|---|---|
| 1sg | أنا | أَكْتُبُ | aktubu |
| 2sg m | أنتَ | تَكْتُبُ | taktubu |
| 2sg f | أنتِ | تَكْتُبينَ | taktubīna |
| 3sg m | هو | يَكْتُبُ | yaktubu |
| 3sg f | هي | تَكْتُبُ | taktubu |
| 1pl | نحن | نَكْتُبُ | naktubu |
| 2pl m | أنتم | تَكْتُبونَ | taktubūna |
| 2pl f | أنتنّ | تَكْتُبْنَ | taktubna |
| 3pl m | هم | يَكْتُبونَ | yaktubūna |
| 3pl f | هنّ | يَكْتُبْنَ | yaktubna |
La même conjugaison sert à exprimer le présent simple (« il écrit »), le présent d'habitude (« il écrit tous les jours ») et le présent progressif (« il est en train d'écrire ») ; l'arabe ne les distingue pas grammaticalement. Les formes du duel (تَكْتُبانِ pour 2du, يَكْتُبانِ pour 3du m et f) s'emploient pour exactement deux personnes et figurent dans les références plus complètes. Les désinences -īna du 2sg féminin et -ūna/-na du pluriel perdent leur -na/-u final aux modes subjonctif et jussif, déclenchés par des particules comme أن, لن, لم.
Le verbe أرادَ / يُريدُ (arāda / yurīdu, « vouloir ») suivi de أنْ (an, « que ») et d'un imparfait subjonctif correspond à la construction française « vouloir + infinitif ». L'arabe ne possède pas d'infinitif dans cette construction : le second verbe est pleinement conjugué et doit avoir le même sujet que أريد. La particule أنْ déclenche le mode subjonctif ; le -u final de l'indicatif disparaît des formes du singulier, et le -na final tombe aux pluriels (تَفْعَلُ → تَفْعَلَ ; يَفْعَلونَ → يَفْعَلوا avec un alif de support). La négation insère لا dans la proposition introduite par أنْ (أنْ لا = أَلّا) pour interdire la seconde action.
| Personne | « Je veux écrire » | Translitt. |
|---|---|---|
| 1sg | أُريدُ أَنْ أَكْتُبَ | urīdu an aktuba |
| 2sg m | تُريدُ أَنْ تَكْتُبَ | turīdu an taktuba |
| 2sg f | تُريدينَ أَنْ تَكْتُبي | turīdīna an taktubī |
| 3sg m | يُريدُ أَنْ يَكْتُبَ | yurīdu an yaktuba |
| 3sg f | تُريدُ أَنْ تَكْتُبَ | turīdu an taktuba |
| 1pl | نُريدُ أَنْ نَكْتُبَ | nurīdu an naktuba |
| 2pl m | تُريدونَ أَنْ تَكْتُبوا | turīdūna an taktubū |
| 3pl m | يُريدونَ أَنْ يَكْتُبوا | yurīdūna an yaktubū |
Lorsque l'objet de « vouloir » est un nom (et non une action), أنْ disparaît et un complément d'objet direct suit directement : أُريدُ قَهْوة « Je veux un café ». Comparer avec la forme plus polie أَوَدُّ أَنْ (voir ci-dessous) et avec la négation du futur لَنْ qui utilise la même forme subjonctive.
Le futur se forme en préfixant l'un des deux marqueurs à un imparfait indicatif entièrement conjugué. سَـ (sa-, écrit soudé au verbe) exprime le futur proche, comparable à « vais / vas / va… » ou « will » en anglais. سَوْفَ (sawfa, écrit séparé) exprime la même idée avec une nuance légèrement plus formelle ou plus distante (« je vais… / il sera… »). Les deux sont interchangeables dans la plupart des contextes. La négation du futur remplace ces marqueurs par لَنْ (lan) et fait passer le verbe au subjonctif : لَنْ أَكْتُبَ « je n'écrirai pas ».
| Personne | forme سـ | forme سوف | Translitt. |
|---|---|---|---|
| 1sg | سَأَكْتُبُ | سَوْفَ أَكْتُبُ | sa-aktubu / sawfa aktubu |
| 2sg m | سَتَكْتُبُ | سَوْفَ تَكْتُبُ | sa-taktubu / sawfa taktubu |
| 2sg f | سَتَكْتُبينَ | سَوْفَ تَكْتُبينَ | sa-taktubīna |
| 3sg m | سَيَكْتُبُ | سَوْفَ يَكْتُبُ | sa-yaktubu |
| 3sg f | سَتَكْتُبُ | سَوْفَ تَكْتُبُ | sa-taktubu |
| 1pl | سَنَكْتُبُ | سَوْفَ نَكْتُبُ | sa-naktubu |
| 2pl m | سَتَكْتُبونَ | سَوْفَ تَكْتُبونَ | sa-taktubūna |
| 3pl m | سَيَكْتُبونَ | سَوْفَ يَكْتُبونَ | sa-yaktubūna |
Les adverbes de temps (غَدًا « demain », بَعْدَ قَليل « dans un moment », العامَ القادِم « l'année prochaine ») accompagnent souvent le verbe au futur et peuvent suffire à eux seuls ; le marqueur est grammaticalement facultatif en présence d'un adverbe futur clair, mais reste attendu à l'écrit.
L'arabe ne possède pas de parfait composé distinct comparable à « j'ai écrit ». Le simple passé (parfait) fait souvent ce travail seul. Pour souligner qu'une action est RÉCENTE ou ACCOMPLIE avec pertinence pour le présent, la particule قَدْ (qad) se place directement devant un verbe au parfait. La combinaison قد + parfait se traduit par « vient/viennent de faire » ou « a/ont déjà fait ». La variante emphatique لَقَدْ (laqad), avec le préfixe d'affirmation la-, est courante à l'écrit et signifie « (vraiment) a fait ». Avec un verbe à l'imparfait, قد + imparfait signifie « peut-être, il se peut que, parfois », sens totalement différent, donc la forme du verbe oriente la lecture.
| Personne | قد + parfait | Translitt. |
|---|---|---|
| 1sg | قَدْ كَتَبْتُ | qad katabtu |
| 2sg m | قَدْ كَتَبْتَ | qad katabta |
| 2sg f | قَدْ كَتَبْتِ | qad katabti |
| 3sg m | قَدْ كَتَبَ | qad kataba |
| 3sg f | قَدْ كَتَبَتْ | qad katabat |
| 1pl | قَدْ كَتَبْنا | qad katabnā |
| 2pl m | قَدْ كَتَبْتُمْ | qad katabtum |
| 3pl m | قَدْ كَتَبوا | qad katabū |
Une deuxième construction exprime le plus-que-parfait (« avait fait ») : كانَ + قد + parfait, littéralement « il était déjà il-écrit » = « il avait écrit ». Le verbe كان est lui-même au parfait, et le second verbe reste au parfait : كانَ قَدْ ذَهَبَ « il était parti ».
La capacité s'exprime avec le verbe اِسْتَطاعَ / يَسْتَطيعُ (istaṭāʿa / yastaṭīʿu, « être capable ») suivi de أنْ et d'un imparfait subjonctif, exactement comme avec أُريدُ أَنْ. Le sujet de يَسْتَطيع et le sujet du verbe enchâssé sont toujours la même personne, et les deux verbes sont conjugués. La construction couvre la capacité physique (« je sais nager »), la permission (« puis-je entrer ? ») et la possibilité (« il peut pleuvoir en octobre »). Pour les demandes polies (« pourriez-vous… ? »), l'arabe utilise généralement la même forme avec une particule de politesse ou simplement مِنْ فَضْلِك (« s'il vous plaît ») ; il n'existe pas de forme conditionnelle séparée.
| Personne | « Je peux écrire » | Translitt. |
|---|---|---|
| 1sg | أَسْتَطيعُ أَنْ أَكْتُبَ | astaṭīʿu an aktuba |
| 2sg m | تَسْتَطيعُ أَنْ تَكْتُبَ | tastaṭīʿu an taktuba |
| 2sg f | تَسْتَطيعينَ أَنْ تَكْتُبي | tastaṭīʿīna an taktubī |
| 3sg m | يَسْتَطيعُ أَنْ يَكْتُبَ | yastaṭīʿu an yaktuba |
| 3sg f | تَسْتَطيعُ أَنْ تَكْتُبَ | tastaṭīʿu an taktuba |
| 1pl | نَسْتَطيعُ أَنْ نَكْتُبَ | nastaṭīʿu an naktuba |
| 2pl m | تَسْتَطيعونَ أَنْ تَكْتُبوا | tastaṭīʿūna an taktubū |
| 3pl m | يَسْتَطيعونَ أَنْ يَكْتُبوا | yastaṭīʿūna an yaktubū |
Un quasi-synonyme plus court est le verbe قَدِرَ / يَقْدِرُ (« être capable »), qui fonctionne de la même façon : أَقْدِرُ أَنْ أَفْعَلَ « je peux faire ». La forme négative est simple : لا أَسْتَطيعُ أَنْ ... « je ne peux pas... ».
Le verbe أَحَبَّ / يُحِبُّ (aḥabba / yuḥibbu, « aimer, adorer ») suivi de أنْ + subjonctif correspond à « j'aime / j'adore + infinitif ». C'est la manière standard d'exprimer le goût pour une activité régulière (« j'aime lire », « j'adore voyager »). Sans أنْ, يُحِبّ prend un nom en complément direct : أُحِبُّ القَهْوة « j'aime le café ». La première voyelle du verbe est un u bref (yuḥibbu, et non yaḥibbu) car أَحَبَّ est un verbe à double racine de Forme IV (ʾaḥabba). La négation place لا devant le verbe principal : لا أُحِبُّ أَنْ أَنْتَظِرَ « je n'aime pas attendre ».
| Personne | « J'aime lire » | Translitt. |
|---|---|---|
| 1sg | أُحِبُّ أَنْ أَقْرَأَ | uḥibbu an aqraʾa |
| 2sg m | تُحِبُّ أَنْ تَقْرَأَ | tuḥibbu an taqraʾa |
| 2sg f | تُحِبّينَ أَنْ تَقْرَأي | tuḥibbīna an taqraʾī |
| 3sg m | يُحِبُّ أَنْ يَقْرَأَ | yuḥibbu an yaqraʾa |
| 3sg f | تُحِبُّ أَنْ تَقْرَأَ | tuḥibbu an taqraʾa |
| 1pl | نُحِبُّ أَنْ نَقْرَأَ | nuḥibbu an naqraʾa |
| 2pl m | تُحِبّونَ أَنْ تَقْرَأوا | tuḥibbūna an taqraʾū |
| 3pl m | يُحِبّونَ أَنْ يَقْرَأوا | yuḥibbūna an yaqraʾū |
Un quasi-synonyme dans certains registres est يَوَدُّ (« il voudrait ») ; voir la section suivante pour « voudrait ». À noter la distinction : أُحِبّ + nom = « j'aime (quelque chose) » ; أُحِبّ + أن + verbe = « j'aime (faire) ».
L'arabe ne possède pas de temps progressif dédié. L'imparfait simple (يَفْعَلُ) couvre déjà « il fait » ET « il est en train de faire ». Quand on veut souligner qu'une action se déroule EN CE MOMENT MÊME, trois stratégies sont disponibles. Premièrement, ajouter un adverbe de temps comme الآنَ (« maintenant ») à l'imparfait : يَكْتُبُ الآنَ « il est en train d'écrire ». Deuxièmement, utiliser le PARTICIPE ACTIF (اسم الفاعل), une forme adjectivale construite sur le schème fāʿil (kātib « écrivant/écrivain », dhāhib « allant ») qui exprime un état temporaire: c'est l'équivalent le plus proche de « je suis en train de V » pour les verbes de mouvement et de posture. Troisièmement, pour le progressif passé (« était en train de »), utiliser l'auxiliaire كانَ + imparfait : كانَ يَكْتُبُ « il était en train d'écrire ».
| Construction | Exemple | Sens |
|---|---|---|
| imparfait + الآن | يَكْتُبُ الآن | il est en train d'écrire |
| participe actif | هو كاتِبٌ رِسالة | il est en train d'écrire une lettre |
| part. actif (mouvement) | أنا ذاهِبٌ إلى السّوق | je vais au marché (maintenant) |
| كانَ + imparfait | كانَ يَكْتُبُ | il était en train d'écrire |
| كانَ + participe actif | كانَ كاتِبًا الرِّسالة | il était en train d'écrire la lettre |
Le participe actif s'accorde en genre et en nombre : kātib (m.sg), kātiba (f.sg), kātibūn (m.pl), kātibāt (f.pl). Il est particulièrement courant avec les verbes de mouvement ذَهَبَ (« aller »), جاءَ (« venir »), رَجَعَ (« revenir ») et les verbes de posture جالِس (« assis ») et نائِم (« endormi »), où l'imparfait sonnera habituellement.
L'arabe ne possédant pas de conditionnel morphologique, « je voudrais » s'exprime avec le verbe وَدَّ / يَوَدُّ (wadda / yawaddu, « souhaiter, désirer ») à l'imparfait suivi de أنْ + subjonctif. L'imparfait de Forme I à double racine w-d-d donne يَوَدُّ (« il souhaite ») ; avec le préfixe cohortatif أَ- on obtient أَوَدُّ (« je voudrais »). Cette formulation est nettement plus polie que أُريدُ (« je veux ») et constitue la façon standard de formuler des demandes formelles, des offres et des invitations. L'équivalent français le plus proche est « je voudrais » ou « j'aimerais ». Négation : لا أَوَدُّ أَنْ ... « je ne voudrais pas ».
| Personne | « Je voudrais venir » | Translitt. |
|---|---|---|
| 1sg | أَوَدُّ أَنْ آتيَ | awaddu an ātiya |
| 2sg m | تَوَدُّ أَنْ تَأْتيَ | tawaddu an taʾtiya |
| 2sg f | تَوَدّينَ أَنْ تَأْتي | tawaddīna an taʾtī |
| 3sg m | يَوَدُّ أَنْ يَأْتيَ | yawaddu an yaʾtiya |
| 3sg f | تَوَدُّ أَنْ تَأْتيَ | tawaddu an taʾtiya |
| 1pl | نَوَدُّ أَنْ نَأْتيَ | nawaddu an naʾtiya |
| 2pl m | تَوَدّونَ أَنْ تَأْتوا | tawaddūna an taʾtū |
| 3pl m | يَوَدّونَ أَنْ يَأْتوا | yawaddūna an yaʾtū |
Dans les contextes de restaurant ou de commerce, les locuteurs utilisent souvent مِنْ فَضْلِك (« s'il vous plaît ») avec l'imparfait simple ou avec أُريدُ ; أَوَدُّ أَنْ est réservé aux échanges formels, à la correspondance écrite et aux suggestions polies.