Chaque exemple ci-dessous comporte trois parties : le texte original, une glose littérale qui décrit le rôle de chaque mot, et une traduction naturelle. Les gloses utilisent quelques étiquettes abrégées pour rester concises. Ne vous inquiétez pas de les mémoriser — il s'agit d'une référence à laquelle vous pouvez revenir à tout moment. Personne et nombre · 1sg / 2sg / 3sg — première / deuxième / troisième personne du singulier (je, tu, il/elle) · 1pl / 2pl / 3pl — première / deuxième / troisième personne du pluriel (nous, vous, ils/elles) Genre et cas · m / f / n — masculin / féminin / neutre · sg / pl — singulier / pluriel · m.sg — combiné : masculin singulier (et de manière similaire f.pl, n.sg, etc.) · NOM / ACC / GEN / DAT / INS / LOC — cas grammaticaux (nominatif/accusatif/génitif/datif/instrumental/locatif) — quel rôle le mot joue dans la phrase Temps et aspect · PRES — présent · PRET — passé simple (un événement passé achevé) · IMPF — imparfait (une situation passée continue ou habituelle) · FUT — futur · PERF — parfait (une action achevée ayant une pertinence au présent) · PROG — progressif (action en cours, p. ex. je suis en train de manger) · COND — conditionnel (…rais) Mode · IND — indicatif (affirmation ordinaire) · SUBJ — subjonctif (incertitude, souhaits, doutes) · IMP — impératif (ordres) · INF — infinitif (forme du dictionnaire : aller, manger) Autres · REFL — réfléchi (action sur soi-même : me, te) · PERS — a personnel (uniquement en espagnol — marque un complément d'objet direct humain) · HON — honorifique (forme très polie, fréquente en japonais/coréen) · TOP / SUB / OBJ — marqueurs de thème / sujet / objet (japonais, coréen) · CL — classificateur (chinois, japonais, coréen — mot qui sert à compter les noms) · NEG — négation
L'ordre par défaut est Sujet-Verbe-Objet, comme en français. Cependant, comme le polonais marque le rôle grammatical de chaque nom par des désinences de cas, l'ordre des mots est bien plus souple qu'en français : on peut déplacer les éléments pour déplacer l'accent sans changer le sens de base. L'élément placé en premier porte généralement le thème, et l'élément placé en dernier porte souvent l'information nouvelle ou mise en relief. Dans les phrases neutres, restez sur l'ordre SVO tant que vous n'avez pas intégré les cas. Les adjectifs précèdent normalement le nom qu'ils décrivent (un adjectif « classifiant » peut suivre). Les pronoms sujets sont généralement omis car la désinence du verbe indique déjà la personne.
Le polonais n'a pas d'équivalent de « un/une » ou « le/la ». Un nom employé seul peut être défini ou indéfini selon le contexte. La détermination est signalée, au besoin, par l'ordre des mots (l'information connue tend à venir en premier, l'information nouvelle en dernier), par des démonstratifs comme « ten/ta/to » (ce, cette), « tamten/tamta/tamto » (ce... là), ou par des mots indéfinis comme « jakiś/jakaś/jakieś » (un certain, quelque). Pour traduire depuis le français, il suffit de supprimer l'article. Pour traduire vers le français, ajoutez « un » ou « le » selon que le nom a déjà été mentionné ou qu'il est unique dans le contexte.
Chaque nom possède un genre grammatical qui détermine les terminaisons des adjectifs et du passé. Les débutants en apprennent trois : masculin, féminin et neutre. On peut généralement le deviner à la terminaison du nominatif singulier : la plupart des noms masculins se terminent par une consonne (stół, kot, pan), la plupart des féminins en -a (kobieta, książka), la plupart des neutres en -o, -e, -ę ou -um (okno, morze, imię, muzeum). Les apprenants avancés divisent ensuite le masculin en trois sous-genres (masculin-personnel pour les humains de sexe masculin, masculin-animé pour les animaux, masculin-inanimé pour les objets), distinction qui compte surtout à l'accusatif singulier et au pluriel.
Les noms, adjectifs et pronoms polonais changent de désinence selon sept cas. Le nominatif (mianownik) marque le sujet et la forme du dictionnaire. L'accusatif (biernik) marque le complément d'objet direct de la plupart des verbes. Le génitif (dopełniacz) marque la possession, le « de », l'objet d'une négation et la plupart des quantités. Le datif (celownik) marque le complément d'objet indirect (« à/pour quelqu'un »). L'instrumental (narzędnik) marque le moyen ou l'instrument (« avec/par »), et suit « być » avec une profession. Le locatif (miejscownik) ne s'emploie qu'après certaines prépositions de lieu (« dans, sur, à »). Le vocatif (wołacz) sert à interpeller directement quelqu'un. Les cas remplacent une grande partie de ce que le français exprime par des prépositions et l'ordre des mots.
Les pronoms personnels au nominatif sont ja (je), ty (tu), on/ona/ono (il/elle/cela), my (nous), wy (vous), oni (ils, masc. personnel) / one (ils/elles, tous les autres groupes). Ils sont généralement omis car la désinence du verbe indique la personne ; on ne les emploie que pour l'emphase ou le contraste. Dans les autres cas, les formes courantes sont : moi - mnie/mi, toi - ciebie/cię/tobie/ci, lui - jego/go/jemu/mu, elle - jej/ją, nous - nas/nam, vous - was/wam, eux - ich/im/je. L'adresse polie utilise pan (monsieur) / pani (madame) / państwo (mesdames et messieurs) suivi d'un verbe à la troisième personne, et non « ty ».
Comme en russe, les verbes polonais vont par paires aspectuelles : imperfectif et perfectif. L'imperfectif décrit une action comme continue, répétée ou habituelle, sans terme implicite (pisać - écrire/être en train d'écrire). Le perfectif décrit l'action comme un tout achevé, souvent avec un résultat (napisać - écrire et terminer). Les deux membres d'une paire partagent un sens de base mais diffèrent par l'aspect. Les perfectifs se forment généralement en ajoutant un préfixe (pisać → napisać, robić → zrobić) ou par une modification du radical (kupować → kupić). Choisir le bon aspect est l'une des parties les plus difficiles du polonais : pensez « processus » (imperfectif) vs « accomplissement » (perfectif).
Seuls les verbes imperfectifs ont un présent ; les conjugaisons « de forme présente » des perfectifs renvoient toujours au futur. L'infinitif se termine généralement par -ć. Les verbes se répartissent en classes de conjugaison selon leurs désinences ; les schémas les plus courants sont -m/-sz (mam, masz, ma, mamy, macie, mają), -ę/-isz/-ysz (mówię, mówisz, mówi, mówimy, mówicie, mówią), et -ę/-esz (piszę, piszesz, pisze, piszemy, piszecie, piszą). Les désinences encodent la personne et le nombre, donc le pronom sujet est normalement omis. Il n'existe pas de progressif distinct : « piszę » couvre à la fois « j'écris » et « je suis en train d'écrire ».
Le passé polonais se forme à partir du radical de l'infinitif (on retire -ć) plus une désinence qui s'accorde avec le sujet en nombre, en personne ET en genre. Au singulier, le masculin ajoute -łem/-łeś/-ł, le féminin -łam/-łaś/-ła, le neutre -ło. Le pluriel se divise en masculin-personnel (-liśmy/-liście/-li) et « tous les autres » (-łyśmy/-łyście/-ły). Ainsi « j'ai écrit » est « pisałem » si vous êtes un homme, « pisałam » si vous êtes une femme. La même chose s'applique aux verbes perfectifs : napisałem (m.) / napisałam (f.). Les désinences personnelles (-(e)m, -(e)ś, etc.) peuvent se détacher et « flotter » vers un autre mot accentué de la phrase, surtout après les mots interrogatifs.
Le polonais construit le futur de deux façons, choisies selon l'aspect. Les verbes imperfectifs utilisent un futur composé : une forme conjuguée de « być » (będę, będziesz, będzie, będziemy, będziecie, będą) plus soit l'infinitif, soit le participe passé genré (będę pisać ou będę pisał/pisała). Les verbes perfectifs n'ont pas de présent ; leur conjugaison qui ressemble au présent est en fait un futur simple, exprimant une action achevée à venir (napiszę = « j'écrirai (et je terminerai) »). L'apprenant choisit donc d'abord l'aspect, puis conjugue : processus imperfectif = « będę » + infinitif ; résultat perfectif = désinences de forme présente sur le verbe perfectif.
On nie un verbe en plaçant « nie » directement avant lui ; les deux se prononcent comme une seule unité. Le polonais utilise la double (ou multiple) négation comme norme : « nikt nic nie wie » = « personne ne sait rien » (littéralement « personne rien ne sait »). Règle cruciale : quand un verbe transitif est nié, son complément d'objet direct passe de l'accusatif au génitif (« mam czas » → « nie mam czasu »). Pour « il n'y a pas », on utilise « nie ma » (forme du singulier, troisième personne) suivi d'un nom au génitif : « nie ma chleba » = « il n'y a pas de pain ». La forme positive « jest / są » prend le nominatif.
Les questions par oui/non se forment en plaçant la particule « czy » au début d'une phrase par ailleurs normale ; à l'oral familier, « czy » est souvent omis et seule l'intonation montante marque la question. Les questions en mot interrogatif commencent par : co (quoi), kto (qui), gdzie (où), kiedy (quand), dlaczego (pourquoi), jak (comment), ile (combien), który/która/które (lequel/laquelle). Le mot interrogatif est suivi du verbe, le sujet (s'il est exprimé) venant ensuite. Les mots interrogatifs se déclinent comme les autres pronoms ou adjectifs : « kogo » = qui (acc/gen), « komu » = à qui (dat).
Les terminaisons du pluriel dépendent du genre et, pour les noms masculins, de l'animacité. Les pluriels féminins et neutres sont plus simples : les féminins en -a prennent généralement -y ou -i (kobieta → kobiety, książka → książki) ; les neutres en -o ou -e prennent -a (okno → okna, morze → morza). Le pluriel masculin se scinde : le masculin-personnel (groupes contenant au moins un homme) utilise -i ou -y avec des modifications consonantiques (student → studenci, Polak → Polacy) ; le masculin non personnel (animaux + objets) et tous les féminins/neutres utilisent un pluriel commun « non viril » pour l'accord verbal et adjectival. Cette distinction d'animacité affecte aussi les adjectifs, les démonstratifs et la désinence du passé.
Les adjectifs s'accordent avec leur nom en genre, en nombre et en cas. Les terminaisons du nominatif singulier sont -y/-i pour le masculin (dobry, tani), -a pour le féminin (dobra), -e pour le neutre (dobre). Au pluriel, le masculin-personnel prend -i ou -y avec adoucissement (dobrzy studenci), tandis que tout le reste prend -e (dobre książki, dobre psy, dobre dzieci). Quand le nom change de cas, l'adjectif change aussi, suivant son propre jeu parallèle de désinences (p. ex. nowego studenta - génitif masc. sing.). Les adjectifs précèdent normalement le nom ; les adjectifs classifiants qui forment un terme figé peuvent suivre (język polski = la langue polonaise).
« Być » est irrégulier mais essentiel. Présent : jestem, jesteś, jest, jesteśmy, jesteście, są. Contrairement au russe, le polonais N'omet PAS la copule au présent : il faut dire « Jestem studentem », jamais « Jestem student » ou « Ja student ». Quand « być » relie un sujet à un nom qui identifie une catégorie ou une profession, ce nom se met à l'INSTRUMENTAL : « Jestem nauczycielem » (Je suis professeur). Mais quand on relie avec « to » (ceci/cela) comme sujet, le nom reste au nominatif : « To jest stół » (C'est une table). Le passé utilise les formes passées genrées (byłem/byłam, etc.) ; le futur utilise będę/będziesz/będzie...
Le polonais utilise neuf lettres spéciales : ą, ę, ć, ł, ń, ó, ś, ź, ż. Petit guide de lecture : ą est un « on » nasal (comme dans le français « bon ») ; ę est un « en » nasal mais perd généralement la nasalité en fin de mot ; ć est un « tch » doux (comme dans « tchèque », mais plus léger) ; ł se prononce comme le « w » anglais (mleko sonne « mwéko ») ; ń est « gn » comme dans « peigne » ; ó se prononce exactement comme « u » (le son « ou » français) ; ś est un « ch » doux ; ź est un « j » doux ; ż (et le digramme « rz ») est un « j » dur comme dans « jouer ». Les digrammes « sz », « cz », « dż », « dz », « dź », « ch » comptent aussi ; « ch » = « h ».